Côté mécanique

Les créateurs de la Coccinelle, de la 2CV ou de la Fiat 500, ne se doutaient peut-être pas que leurs voitures, avant tout conçues pour être bon marché et faciles à produire, deviendraient aussi mythiques.

« Rendre l’automobile accessible à des millions de gens modestes », tel est le pari que fait l’ingénieur Ferdinand Porsche en février 1938, en présentant la Volkswagen (voiture du peuple). La Coccinelle, ainsi surnommée par le New York Times, est restée. Symbole de la jeunesse hippie, star de cinéma à travers la série de films que les studios Walt Disney lui ont consacré, elle se vendra à 21 millions d’exemplaires dans le monde. Un plébiscite sans précédent et unique dans l’histoire.

Symboles des trente glorieuses
Seules deux voitures, conçues selon le même principe, parviendront à rencontrer un succès et une popularité comparables. La fameuse Fiat 500 en Italie et l’incontournable 2CV de Citroën. Surnommée « topolino », pour petite souris, la Fiat 500 est restée le symbole absolu de la Dolce Vita à l’italienne. Sa production s’est arrêtée dans les années 1975, comme pour marquer la fin des trente glorieuses, deux ans après le premier choc pétrolier de 1973. Elle renaît de ses cendres en 2007, pour ses 50 ans, totalement réactualisée, suivant le modèle du succès rencontré par la New Beetle de Volkswagen en 1998.

Cheville ouvrière
La 2CV, quant à elle, est prête à produire dès 1939, 
2 ans seulement après la mise en œuvre des 2 premières semaines de congés payés. Finalement fabriquée de 1948 à 1990 en France, elle représente clairement cette France ouvrière d’alors, celle qui prend avec plaisir la route des vacances. Elle atteint pourtant péniblement les 60 km/h. Mais elle est particulièrement robuste. Ce fut le pari des ingénieurs Citroën : « la longévité plutôt que la performance. » Paris gagné, la « dedeuche » devient le modèle emblématique de la marque. Et si elle n’a pour l’instant pas ressuscité en version moderne, elle reste le véhicule star des collectionneurs. Et la preuve, aux côtés de ses copines « Coccinelle » et « Topolino », que penser et fabriquer des produits accessibles à tous ne signifie pas qu’ils ne durent pas. Bien au contraire.