Côté plaisirs

Il y a des saveurs qui marquent notre palais et font remonter en un instant les souvenirs. Et des marques qui savent entretenir la nostalgie sans trahir leurs origines. 

Bonbon sans ordonnance
Composés d’extraits de noix d’arec, mélangés à de l’ambre et du musc, les cachous faisaient déjà le bonheur des Européens au 17ème siècle. En 1880, Léon Lajaunie, un pharmacien de Toulouse, décide d’y ajouter un peu de réglisse et de menthe, entre autres ingrédients secrets, et de les vendre dans de petites boîtes jaunes en métal, qui ont à peine changé depuis. Même si les collectionneurs s’arrachent les modèles les plus anciens. Et dire qu’il s’en vend encore plus de 10 millions de boîtes par an. De quoi faire « gling, gling » avant de se rafraîchir l’haleine, le petit bruit si caractéristique de la boîte que l’on secoue avant de l’ouvrir.

Hollywood débarque
Tout le monde connaît cette partie plus douce de l’histoire. Lors du débarquement sur les plages de Normandie, en 1944, les soldats américains distribuaient des chewing-gums. Succès immédiat. Moins de 10 ans plus tard, en 1952, Courtland E. Parfet, ancien G.I. ayant lui-même participé au débarquement, surfe sur cet engouement et crée, en France, la marque Hollywood, avec un premier chewing-gum au parfum de chlorophylle. C’est clairement le rêve américain qu’il vendait à l’époque. Et même si l’Amérique, tout particulièrement Hollywood, reste une industrie du rêve, la marque a dû se réinventer, en version light, blancheur ou Kids calcium, pour faire face à des concurrents plus axés sur l’hygiène bucco dentaire.

Bonbon vintage
Les cocos boers qui rendaient Renaud nostalgique, dans sa fameuse et sublime chanson « Mistral Gagnant », avaient disparu dans les années 70. Ils ont fait leur retour en 2012. Il s’agit à la base d’une poudre que l’on verse en pincée dans un verre d’eau, afin d’obtenir une boisson sucrée désaltérante, au bon goût de réglisse. Une poudre conçue, comme les Cachous Lajaunie, par un pharmacien, Jules Courtier, au tout début du 20ème siècle. Tout comme la célèbre madeleine de Proust rappelle à l’écrivain son enfance, les saveurs sont de puissants moteurs de nostalgie. Quand un produit est bon, il finit toujours par remonter à la surface de nos souvenirs.